Samedi, 8 heures. Je tape une phrase sur mon téléphone : « Va sur le site. Remplace Yoast par Rank Math. Garde tous les titres, les méta-descriptions et les mots-clés, puis propose-moi de meilleurs titres. » Une heure plus tard, l’extension SEO de mon site a changé, rien n’a bougé dans Google, et j’ai validé mes nouveaux titres un par un, du bout du pouce. Ce n’est pas de la magie. Claude sur WordPress, c’est une conversation qui exécute. Mais ce qui fait la qualité du résultat, ce n’est pas la conversation. Ce sont les compétences qu’on a données à Claude avant.
Claude sur WordPress : une conversation plutôt qu’un tableau de bord
Concrètement, mon site WordPress est relié à Claude par une extension de connexion. Claude peut lire mes pages, modifier un réglage, installer une extension ou corriger un titre, avec les droits que je lui ai donnés. Je ne passe plus par l’administration de WordPress pour les petites tâches : je décris ce que je veux, il le fait, je vérifie.
Le plus déroutant, au début, c’est que tout cela peut partir de n’importe où. Il m’arrive d’être au supermarché, entre deux rayons, et d’avoir une idée pour mon site. J’ouvre une conversation, je dicte mon idée à voix haute, et elle ne se perd plus entre les yaourts et la caisse : elle est déjà en route. Ce matin, une partie des échanges s’est faite comme ça, à la voix.
Vu de l’extérieur, on pourrait croire que tout repose sur la façon de parler à l’IA. C’est faux. Une phrase comme « remplace Yoast par Rank Math » ne dit rien de la manière de le faire proprement.
Le piège : un Claude sans compétences devine
Demandez à n’importe quelle IA de changer d’extension SEO. Elle le fera. Mais elle ne saura pas, sans qu’on le lui dise :
- qu’il faut sauvegarder tous les titres et méta-descriptions avant de toucher à quoi que ce soit ;
- qu’un title perdu, c’est une page qui peut reculer sur Google ;
- que mes pages paginées ne doivent pas passer en noindex ;
- que mes titres font 60 caractères maximum et ne contiennent jamais « guide complet » ;
- que je veux voir les propositions avant qu’elles soient publiées.
Sans ces consignes, Claude fait « quelque chose ». C’est souvent correct, parfois moyen, et on ne sait jamais à l’avance lequel des deux on va obtenir. C’est exactement le contenu générique que tout le monde repère aujourd’hui.
Les compétences de Claude, c’est quoi ?
Anthropic, l’entreprise qui développe Claude, les appelle des skills. Ce sont des fiches de méthode, écrites une fois pour toutes, que Claude ouvre dès qu’une tâche s’y prête. Une compétence décrit comment faire un travail précis : les étapes, les règles, les pièges, ce qu’il ne faut jamais faire.
C’est la différence entre un stagiaire brillant qu’on lâche le premier jour et le même stagiaire à qui on a transmis son savoir-faire. Le second ne vous demande pas comment vous travaillez. Il le sait.
Les compétences que j’ai données à mon Claude
Au fil des mois, j’ai construit une petite équipe. Chaque compétence correspond à un métier que j’exerce, et plusieurs viennent de mes formations, notamment des conférences du SEO et GEO Summit.
Rédiger des titres qui donnent envie de cliquer
60 caractères maximum, le mot-clé au début, une accroche qui parle au lecteur plutôt qu’à l’auteur, aucun « comment faire » collé au mot-clé. Et surtout : proposer plusieurs titres, expliquer pourquoi chacun peut fonctionner, puis attendre mon choix.
Le référencement naturel et la visibilité dans les IA
Structurer un texte pour Google et pour les moteurs comme ChatGPT, vérifier les données structurées, contrôler les canoniques. Ces règles viennent de mes notes de conférences, pas d’un article trouvé au hasard.
L’UX design et la méthode anti « IA slop »
Une compétence entière sert à éviter qu’un site ait l’air fait par une IA : brief, plan, textes, charte, contrôle sur mobile, avec un journal qui garde chaque décision pour reprendre là où l’on s’est arrêté.
Régler les extensions WordPress
Vitesse, sécurité, cache, Rank Math : une compétence décrit les réglages que j’applique sur chaque site, avec une règle d’or, toujours une sauvegarde et un retour arrière possible.
Relire comme un humain
Une dernière compétence relit les textes pour chasser les redites, les phrases de remplissage et le faux vécu. Elle est passée sur cet article avant que vous le lisiez.
Un exemple réel : de Yoast à Rank Math en une matinée
Revenons à ce samedi matin. Ma phrase de départ tenait en trois lignes. Derrière, Claude a enchaîné plusieurs compétences.
- La prudence d’abord. Avant toute modification, il a sauvegardé l’ensemble des réglages de Yoast : titres, méta-descriptions, mots-clés, canoniques, pages exclues de Google.
- Le transfert, puis le contrôle. Après l’installation de Rank Math, il a comparé les données une par une : 160 réglages identiques, aucune adresse de page modifiée. Puis il a ouvert chacun des 52 pages et articles publiés pour vérifier que Google y voit toujours le même titre et la même description.
- Les réglages. La compétence Rank Math a pris le relais : plan du site, pagination, archives inutiles désactivées. Au passage, elle a repéré deux lignes à revoir dans mon fichier robots.txt et une URL canonique mal écrite.
- Les titres. Enfin, la compétence titres a relu mes articles, m’a proposé trois options pour chacun, et j’ai choisi. Rien n’a été publié sans mon accord.
J’aurais pu faire tout cela moi-même. Il m’aurait fallu une journée, et j’aurais sans doute oublié une page.
L’amélioration continue, une conversation après l’autre
Ce qui me plaît le plus dans cette façon de travailler, c’est qu’elle s’améliore toute seule, ou presque. Chaque fois que je corrige Claude, la correction peut devenir une règle.
La limite de longueur des titres, l’interdiction de « guide complet », l’obligation de me proposer les titres avant de les changer : rien de tout cela n’était écrit au départ. Ce sont mes agacements, transformés en consignes. La conversation suivante démarre avec un cran d’avance sur la précédente.
Ce matin, d’ailleurs, tout n’a pas été parfait. À un moment, Claude m’a reposé des questions sur des fiches que j’avais déjà complétées dans une autre conversation. J’ai râlé, à juste titre. Depuis, mes réponses sont rangées dans une note du projet, que Claude peut relire avant de me questionner. Encore une règle de plus.
Ce qui reste à moi
Claude exécute. Il ne décide pas. C’est moi qui choisis le titre et qui sais ce que mes clients acceptent de voir publié. Les compétences encadrent la méthode. Le jugement reste humain, et c’est très bien comme ça.
Il faut aussi garder un œil sur les résultats. Un titre se juge au taux de clic dans la Search Console, trois ou quatre semaines plus tard. Aucune compétence ne remplace cette vérification.
Et pour votre entreprise ?
Cette logique ne concerne pas que les sites web. Vos devis, vos mails de relance, vos publications : tout ce que vous expliquez encore et encore peut devenir une compétence. Je crée ces agents et ces compétences directement dans le compte Claude de mes clients, avec leurs mots et leurs règles. La page agents et skills IA détaille la méthode. Pour un autre exemple tiré de mon quotidien, lisez comment j’ai confié à un agent mon audit SEO du lundi matin.
Questions fréquentes
Peut-on connecter Claude à un site WordPress ?
Oui. Une extension de connexion installée sur le site permet à Claude de lire et de modifier les contenus et les réglages, dans la limite des droits qu’on lui accorde. Je recommande de commencer par un compte aux droits limités et de toujours garder une sauvegarde.
Faut-il savoir coder pour utiliser Claude sur WordPress ?
Non pour l’usage quotidien : on décrit ce qu’on veut, en français. La mise en place de la connexion et l’écriture des compétences demandent en revanche un peu de technique et une bonne connaissance de son métier.
Quelle différence entre un prompt et une compétence ?
Un prompt sert une fois, dans une conversation. Une compétence est une méthode enregistrée, que Claude réutilise dans toutes les conversations où elle s’applique. On l’écrit une fois, on l’améliore au fil des corrections.




